Accueil > LISTE disciplines > Disciplines > Français > Atelier d’écriture -4-

Atelier d’écriture -4-

mardi 5 mai 2015, par M. Montaigne.

Capucine Chapelain a été la première à deviner le nom des deux plumes qui rédigent « AMITIES INTERDITES ». Elle recevra sa récompense en fin d’année. Camille Collignon et de Lauréline Cousin sont bien en effet les deux rédactrices de l’atelier d’écriture. Découvrez maintenant le chapitre 4 et la suite de notre grand roman-feuilleton.... Retour au Royaume Flottant...vous y découvrirez des matières scolaires totalement inédites.

### AMITIES INTERDITES ###

Chapitre 4

Kimi, sur le chemin de l’école...

Une route part vers les commerces : boulangerie, boucherie, fruits et légumes et ustensiles de pêche. Une autre rue mène aux habitations royales. C’est ici qu’on rend la justice. C’est également la direction du cabinet de mon père, Yushiro. La troisième voie dessert l’école, le collège, le lycée et l’université. Je prends celle-ci, tourne à droite et continue jusqu’à mon collège.

Quand nous arrivons, j’aperçois Linia de loin. Elle doit nous avoir vus aussi car elle se précipite à notre rencontre.

"Hey ! Ça va ?

Oui, merci ! Et toi ?

Super !"

Elle n’est pas venue avec nous parce qu’elle habite l’impasse Lacine, qui est plus loin que l’avenue Marine et aussi parce qu’elle accompagne tous les matins sa petite sœur, Ameko, à l’école primaire.

La sonnerie du collège (surnommée « perce-tympans » à juste titre) nous rappelle durement où nous sommes. Nous sommes tous les quatre dans la même classe. Nous nous rangeons. Je suis entre Linia et Taï, dans ces cours, et malheureusement, ils font tout le temps les imbéciles. Ça ne m’aide pas à me concentrer.

"Kimi Violetache ! s’écrie Mme Kogima. Va au tableau nous réciter la leçon sur l’appareil respiratoire de l’être humain, puisque tu n’as vraiment pas envie d’écouter mon cours."

Par chance, c’est cette leçon que j’ai revue hier soir avec ma mère, Hidera. "L’être humain respire grâce à des poumons..." Je continue ma longue et ennuyeuse récitation comme une machine enregistreuse. J’en ai le souffle court. Je vais me rasseoir et Linia, le pouce levé, m’adresse un signe de victoire [du pouce]. La matinée se passe sans autre accident. Mme Kogima nous explique des lois bizarres sur les triangles...ou quelque chose comme ça. La sonnerie me tire de la leçon qu’elle nous a donnée à lire. Je range mes affaires et file prendre mes places au réfectoire. "Tiens, tiens...Qui voilà ?" Je sens mon sang se glacer quand j’entends la voix d’Urate dans mon dos. "Mais c’est Kimi... La chouchoute de Mme Fushira..."

Urate ! réplique Linia. Tu ne pourrais pas laisser Kimi tranquille ? Tout ça parce que tu veux passer le CQS avant elle !

Urate hausse les épaules et s’en va. Le CQS (Civilité Qualienne Supérieure) est un test qui comprend plusieurs épreuves, comme la pêche ou la langue qualienne. Mais peu de concurrents ont cette mention. Mme Fushira, notre professeur de HQ (Habitudes Quotidiennes) le prépare avec nous. Je suis la rivale d’Urate qui le prend...un peu mal.

Après avoir mangé, je me range avec mes amis devant Mme Fushira. Aujourd’hui, nous nous entraînons à la barque et à la pêche. Nous ramons et dirigeons notre barque jusqu’au lieu de pêche situé à l’autre bout du lac.

Nous prenons notre matériel dans la propriété de l’école.

La pêche demande beaucoup de patience. Mais à la fin de la journée, je compte sept prises, un plutôt bon score. Après l’école, ma mère vient me chercher. Je dis au revoir à mes amies et pars avec ma mère...

Sur le chemin qui mène à la maison, la discussion s’engage :

"Tu as pris combien de poissons, aujourd’hui ?

Sept ! Le meilleur score. Ex æquo avec...

Urate ?

Oui, bien sûr...

Oh ! Pendant que j’y pense, ton frère te propose une partie de pêche, samedi.

Génial !

Tu pourras y aller à une seule condition.

Oui ?

Je veux que tu révises ton qualien. Tes verbes. Tu ne connais même pas les réguliers.

Maman ! S’il-te-plaît...pas les verbes...le vocabulaire...ou les adverbes...

Non Kimi, les verbes. Je t’aiderai si tu veux. Ou alors, pas de partie de pêche.

Pfff...C’est pas juste."

Nous arrivons devant chez moi. Tiens ! Papa est là. Hana et Namiko aussi.

"Dis Kimi ! Tu saurais pas où est Mushi ? me demande mon père.

Non... Pourquoi ?

Il a volé un filet de merlan frais avant de filer vers le fleuve-frontière.

Heu...

Bon, tant pis. Tu n’aurais pas un peu de poissons dans ta réserve ? Il n’en reste plus du tout à cause de ce maudit chat.

Oui. J’en ai sept !

Ouf ! Tu pourrais m’en rapporter un peu ? La barque est dans le garage. Oh attends ! Ken est rentré cinq minutes avant toi. Ça lui fera plaisir de venir avec toi. Ken ! Descends !"

La tête de mon frère émerge de l’ouverture de la porte.

"Oui ?

Tu voudrais aller avec Kimi chercher du poisson dans sa réserve ?

Oui !

Tu l’aides à sortir la barque ?

Oui.

Mon fils sait-il dire autre chose que "oui" ?

Heu...oui.

Dans ce cas, tant mieux !" conclut mon père en rigolant.

Ken et moi poussons la barque sur l’eau. J’empoigne les rames.

"Je rame, il faut que je m’entraîne." dis-je.

Je conduis notre embarcation dans les canaux.

"Mets-y plus de vigueur, Kimi, ou sinon dans trois heures on y est encore." Nous finissons par arriver sur place. Je me précipite vers ma cabane et empoigne deux truites. Mon frère rame pour aller plus vite. Nous tirons la barque dans le garage et nous allons faire frire les poissons. A table, le soir, chacun raconte sa journée. C’est la tradition, chez nous. Maman a un air mystérieux. Elle nous réserve sûrement quelque chose. Enfin, elle nous délivre sa surprise.

"Je propose, dit-elle, qu’après la pêche-partie de Ken et Kimi, nous allions pique-niquer et que nous passions la journée au musée du maquereau.

Youpi ! répond toute la famille.

À condition, bien sûr, que Kimi révise ses verbes qualiens.

Allez, maman, soit sympa...supplié-je.

Non Kimi. Demain tu dois connaître « fui », « hate », et les verbes réguliers au présent, à l’imparfait et au futur. Pas la peine d’insister."

Je marmonne dans ma barbe. Une fois le repas terminé, je quitte la table et rejoins ma chambre. Puisque la torture doit avoir lieu, autant qu’elle se termine au plus vite. J’ouvre mon cahier de grammaire et récite mon verbe « fui ». Ma mère m’interrompt dans ma révision.

"Kimi ?

Quoi ?

Ça va ?

Génial ! Je suis forcée de réviser des verbes que je ne retiendrai jamais et je ne pique-niquerai pas avec vous parce que je ne les connaîtrai pas d’ici samedi. Vraiment, tout va pour le mieux.

Tu sais, Kimi, tu as toute la semaine ! Si tu veux, je t’aide. Tu m’en récites un par jour. Allez, le verbe « fui » au présent.

Quand je termine ce verbe, ma mère me félicite.

Tu vois ! Tu y arrives. Tu connais déjà celui-là.

Merci maman !

De rien. Mais maintenant, au lit ! Il y a école demain.

Mais maman...Il est juste neuf heures...Encore une petite demi-heure...

D’accord, une demi-heure, mais pas plus."

Je laisse ma mère s’éloigner, fermer la porte et retourner au salon avec le reste de ma famille. Quand je n’entends plus le bruit de ses pas, j’enfile mes chaussons et sors discrètement par la fenêtre. L’air est frais. Heureusement que j’ai pris une veste. Je me dirige vers l’écurie, dans le fond du jardin. Sky m’a reconnue. Je lui donne une carotte et la caresse. Elle et moi profitons de ces dix petites minutes. Quand je
rentre, je vois passer Mushi. Il n’a aucun poisson. Je le suis et rentre dans ma chambre. Vite, je me couche et attrape un livre. Je fais semblant de le lire. Je m’aperçois que c’est celui que je déteste. J’en change juste à temps, ma mère entre dans ma chambre !

"Extinction des feux ! s’exclame t-elle. Tu lis quoi ?

Le cheval abandonné. Le tome 1 de la collection « Une amitié à toute épreuve ».

Ça raconte quoi ?

C’est une fille qui part à la campagne pour les vacances. Ailleurs, un cheval se fait embarquer par erreur dans un convoi de transport d’équidés. Ils se rencontrent et la fille essaie de l’apprivoiser. Mais le cheval a peur...

Dimanche, tu penses que tu l’auras terminé ?

Oui... Pourquoi ?

Je vais à la médiathèque. Si tu veux, tu pourras venir pour acheter le deuxième.

Cool ! Merci maman.

Tiens ! Je vois que notre voleur est revenu. Quel gourmand ! Allez ! Dors... Bonne nuit !

À toi aussi !"

Et, sur ces paroles, je me glisse sous la couette et ferme les yeux, sans m’apercevoir que Mushi quitte la chambre et sort dans la nuit...